cire d’abeille d’Ukraine, la terre
33 cm, 2022
L’œuvre fait écho à la loi des trois épis durant le Holodomor (1932–1933),
et aux gestes de prière pour les morts, où la flamme maintient une présence.
Entre matière, rituel et mémoire, la peur transmise devient un acte de veille.
La “loi des épis” était une législation soviétique adoptée en 1932 durant la famine artificiellement provoquée en Ukraine. Elle interdisait aux civils de ramasser le moindre grain dans les champs collectivisés ; même un geste de survie pouvait être puni par la déportation, l’emprisonnement ou la mort. Cette politique s’inscrivait dans le contexte du Holodomor (1932–1933), aujourd’hui reconnu par de nombreux historiens et États comme un génocide. Dans la mémoire populaire ukrainienne, l’image des “trois épis” est devenue un symbole durable de privation, de peur et de traumatisme transmis à travers les générations.
J’ai créé cette œuvre sans connaître l’existence de la “loi des épis” liée au Holodomor. Les formes sont apparues comme un geste presque instinctif, lié à une mémoire ancestrale. Les épis évoquent pour moi un acte de commémoration , une manière de se souvenir des morts de la famine et d’honorer une histoire collective inscrite dans la matière. Ce n’est qu’après coup que j’ai appris la résonance historique du nombre trois, que j’avais conservé dans l’installation. Cette coïncidence révèle une mémoire qui circule au-delà de la connaissance consciente.